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Les premiers pas

En 1969, il y a maintenant près de 50 ans, je commençai la pratique du karaté, à l’âge de 15 ans. A cette époque, le karaté n’était pas très populaire mais avait un coté mystique et une réputation de grande efficacité. Avec un ami qui possédait une voiture, je m’inscrivis au Budo Collège, qui était situé Rue Royale près de l’église Ste Marie à Bruxelles.  Il y régnait une ambiance très budo et le club était fort fréquenté. Il y avait au moins 3 instructeurs qui étaient, je crois, professionnels. Chaque soir, 3 cours se succédaient : karaté, aïkido et judo. Le mercredi et le samedi il y avait 2 cours par jour et je ne manquais jamais de cours. L’instructeur principal se nommait Mr Naessens tandis que l’instructeur de karaté était Mr De Bruyn. Dès mon premier cours, je ressenti un attrait particulier et m’étais fixé un but : un jour… je serai ceinture noire !  L’atmosphère qui régnait au cours me plaisait : sérieux, discipline, respect entre les pratiquants, dépassement de soi… toutes des valeurs qu’alors je n’avais pas réellement rencontrées dans d’autres activités sportives. 

Mon ami abandonna assez rapidement, mais entretemps j’avais 16 ans et m’étais acheté une moto avec laquelle je me rendais journellement à l’’entrainement.

Les pratiquants de karaté étaient généralement plus âgés.  Beaucoup étaient déjà ceinture noire en aïkido ou en judo et étaient curieux de connaître cette discipline nouvelle dite invincible ? Aussi, ils s’étonnaient de voir un jeune comme moi dans leurs rangs. Le karaté, art martial par excellence, devrait-il s’enseigner aux enfants ? De plus, l’esprit de l’enseignement ne convenait pas aux enfants. Le contenu d’un cours se limitait bien souvent à répéter inlassablement 2, 3, techniques. Le seul but était la recherche de l’efficacité [un coup = une vie] et la formation de l’esprit. Il fallait résister à la fatigue physique et aux coups portés. 

Les blocages devaient se faire comme des attaques et je rentrais souvent les membres meurtris, pleins d’hématomes lors d’exercices avec partenaires. Il fallait du mental pour persévérer.

Plus tard, au sein du club, je fis la connaissance d’un ancien ami : Francis Michiels qui avait quelques années de plus que moi et qui était déjà ceinture noire. C’était un très bon technicien. Un jour, il m’annonça la venue en Belgique d’un maître Japonais. C’était une grande nouvelle. Auparavant, au Budo Collège, de rares maîtres Japonais, en tournée en Europe, restaient quelques temps pour la formation des instructeurs. Ceux-ci avaient alors de nouvelles informations à dispenser ensuite aux membres du club.

Tout en continuant à s’entraîner au Budo Collège, Francis s’inscrivit chez le Maître Miyazaki. Ce qu’il me disait des entraînements m’attirait beaucoup mais deux raisons me retenaient : 

L’une d’ordre moral : fidélité à mon 1er instructeur que je ne voulais pas blesser.

L’autre d’ordre pratique : le dojo était trop éloigné pour moi.

Quelques temps plus tard, Mr De Bruyn dut se brouiller avec le Budo Collège puisqu’il le quitta.  Je le suivi dans différentes salles. Enfin,  il se fixa dans un dojo situé Chaussée de Wavre. Un autre ancien membre du Budo Collège, Mr Hayns avait ouvert son propre dojo, le Health Club. Pendant cette période, je terminais mes études et fis mon service militaire. Mr De Bruyn décéda sur les tatamis lors de mon absence à l’armée. Peu après, je passai mon 1er Dan à la fédération ABK à laquelle le Health Club de Mr Hayns était affilié. 

Francis Michiels, qui s’entrainait toujours avec maître Miyazaki, venait alors régulièrement donner cours au Health Club.

Le Maître MIYAZAKI

Cette fois, plus rien ne me retenait. Je m’inscrivis au club du maître Miyazaki et me trouvais un petit appartement à proximité du dojo.

Ce fut un grand changement. Il me fallait repasser mes grades et me former à la méthode d’entrainement du maître Miyazaki. Pendant des années j’eu la chance de m’entrainer plusieurs fois par semaine avec le maître et ensuite, chaque lundi également avec le maître Sawada, plus jeune, qui était venu assister maître Miyazaki. Le virus m’avait piqué, je m’entrainais énormément.

Tout en accordant une grande importance à l’efficacité, maître Miyazaki était un perfectionniste. Ses techniques étaient parfaites. De plus, les entrainements de type JKA développaient également l’aspect sportif axé vers la compétition. Maître Miyazaki me conseilla (dirigea) la compétition. Ainsi, je rentrais dans l’équipe nationale avec laquelle, en 1986, nous remportâmes le titre de « vice champion d’Europe ». A cette époque, je remportai 6 années consécutivement le titre de champion de Belgique kumité (de 1982 à 1987) et combiné kata-kumité. 

En 1978, j’entrais en fonction comme enseignant à l’Institut Cardinal Mercier de Schaerbeek. Sous l’impulsion du préfet de l’époque, Mr De Crom, j’ouvris, en 1980, au sein de l’Institut, le club Ashi Barai.

Parmi les inscrits de la première cuvée, apparaissait déjà le nom de Jean-Luc Régal.

Ce fut une période fantastique, entièrement vouée au karaté. En parallèle avec mon évolution personnelle, je développais le club Ashi Barai qui était alors en plein essor.

Les résultats ne se firent pas attendre. Le club remportait la plupart des championnats pour jeunes. Plusieurs d’entre eux obtinrent des titres nationaux : Harry Mariette, Mehdi El Hachemi, Caroline Van Heghe, Cathy Ramirez… et même par la suite internationaux avec Ricardo Viola et Junior Lefèvre. Il y avait une ambiance très amicale, même familiale entre tous les membres du club. Je réalisai alors l’influence que j’avais sur certains jeunes pour qui je devenais un modèle. J’essayai de mériter leur confiance en les guidant au mieux de mes possibilités. La grande équipe du club Ashi Barai, qui réussi à se classer en finale des championnats de Belgique par équipes était composée de   Jean-Luc Régal, Harry Mariette, Mehdi El Hachemi, Thierry Salmon, Luc Bosseler et Hakim. 

J’étais boulimique de karaté : sans compter mes propres entrainements, les stages, les compétitions, je donnais :

7 cours / semaine dans mon club Ashi Barai; 3 cours / semaine au Brussels et 1 cours / semaine aux Amazones, un club de femmes.

Aujourd’hui encore, même si pour certains la vie nous a séparés, il subsiste des moments d’émotions très forts et de très bons souvenirs. Les valeurs transmises au club les ont « armés » pour la vie. 

Mes liens avec le maître Miyazaki se resserraient. Au départ du maître Sawada pour le Japon, fin 1984, maître Miyazaki  me demanda de devenir son assistant au  Brussels Shotokan Karate Club à Ixelles.

Nous étions très souvent ensemble : au sein du club, dans les championnats nationaux ou internationaux avec l’équipe nationale, les stages…

Je commençais également à me confirmer comme instructeur et le maître m’invitait à donner cours dans les stages au Brussels, au stage international de Gand  où il invitait un maître Japonais, en Hollande, en Hongrie, etc…

Je participais également aux grands stages JKA internationaux. J’eu la chance de m’entrainer avec la plupart des grands maîtres JKA du Japon : Nakayama, Shoji, Ida, Osaka, Kanazawa, Kagawa, etc. et bien sûr ceux qui résident en Europe : Kase (France V), Enoeida (GB V), Ochi (Allemagne), Shirai (Italie), Naito (Italie), etc…

Mais aussi Tanaka dans le Honbu Dojo central du Japon lors d’un stage de 3 semaines au Japon.

De plus, grâce à la position privilégiée que j’occupais auprès du maître, je pu fréquenter ces maîtres après les stages lorsque Maître Miyazaki les invitait chez lui ou au restaurant. 
Asai

Pendant toutes ces années j’ai conservé la motivation de m’entraîner et également celle d’instruire. Je crois être passé par différentes phases qui m’ont intéressé et qui ont nourri ma motivation aux bons moments. Maitre Miyazaki me disait que nous, «les européens» avons toujours des questions à poser, tandis que les orientaux font aveuglément confiance ce que le maitre dit. L’européen a besoin de se rassurer, tandis que l’oriental sait que le maitre détient le savoir et lui fait confiance, un jour il comprendra…

Le chemin accompli avec le maitre Miyazaki était un peu comme cela, bien qu’on décide toujours de ce qu’on veut prendre.

Aujourd’hui, je ne regrette rien car le maitre Miyazaki m’a beaucoup apporté également sur le plan personnel. Si je devais conseiller sur la meilleure attitude à adopter, je dirais que le plus important est de bien choisir son « guide ».

 

Imaginons que vous devez escalader un rocher ; lorsque votre guide vous dira de prendre appui sur telle pierre, alors que vous vous trouvez en hauteur, il faudra que vous ayez confiance en lui pour le faire.

L'évolution technique - l'Académie KASE

Aujourd’hui je prends conscience de la qualité des maitres que j’ai eu la chance de fréquenter pendant des années. Ces maitres là, qui sont nés avant la dernière guerre mondiale et qui ont eux-mêmes  reçu l’enseignement des pionniers du  karaté, il n’en reste plus beaucoup. N’oublions pas que le karaté moderne n’a vraiment commencé que vers les années 1920. J’ai tâché de mettre dans ces programmes d’examens l’expérience que j’ai acquise au cours de mes 50 années de pratique.

Auparavant, les instructeurs se souciaient peu de l’aspect pédagogique ou attractif des entrainements qui consistaient principalement à  répéter inlassablement une ou deux techniques. C’était une manière de former « le mental ».

De même, les programmes d’examens étaient réduits et immuables :

 

Ø En kihon à une simple liste de techniques uniques

Ø  En kumite, souvent à un exercice de base d’ippon kumite

Ø Et d’un kata

 

 

Aujourd’hui les techniques et méthodes d’entrainement ont fort évolué. La création de l’académie en 1989, à l’initiative de Dirk Heene  par maitre Kase n’y est pas étrangère.

En effet, les nombreux stages organisés dans le cadre de l’académie ont permis à beaucoup de karatekas européens de se rencontrer et de s’instruire auprès de maîtres de grande expérience que sont Messieurs KASE et SHIRAI.

Cependant, malgré ces évolutions, je m’étonnais que les programmes d’examens ne suivent pas l’évolution technique, dès lors je me suis trouvé dans une position inconfortable. Lorsque je devais examiner mes élèves en les soumettant à des tests en totale inadéquation avec les techniques pratiquées aux entraînements. L’idée m’est alors venue d’adapter les programmes d’examens aux techniques pratiquées dans nos stages. Pour atteindre ce but il m’a fallu rendre les programmes plus denses et plus détaillés.

Dans certaines fédérations, il est demandé aux candidats qui se présentent à un examen Dan supérieur de présenter « un travail ».  
Je me disais également que si un jour maître Kase devait me demander un travail du genre, j’aurais pu lui présenter mes programmes d’examens Kyu qui n’existaient pas dans l’académie. Cependant, maître Kase me prit de vitesse car lors d’un stage à Luxembourg, en février 1998, alors que je ne m’y attendais pas, il m’invita à présenter mon 6ème Dan.  J’étais fort surpris et, malgré tout, un peu déçu car bien que les programmes étaient créés, je ne devais pas présenter de travail.  Finalement, réaliser des programmes, des cours, était une déformation professionnelle.

Ainsi, chaque grade se compose de 7 points (cfr programmes). Chaque grade est caractérisé par une idée maîtresse, une technique spécifique autour de laquelle sont développés les exercices de kihon et de kumite. La partie kata de chaque grade comporte les 4 formes : omote, ura, go et bunkai. Cette dernière forme peut, au sein des clubs, stimuler le travail en équipe (l’esprit de solidarité).

Le dernier point « mental » indique aux jeunes quelques règles « morales ».

En effet, transmettre des valeurs éducatives est une des qualités essentielles du karaté-do traditionnel.  L’ensemble des programmes forme ainsi un éventail de techniques qui peut servir de méthode d’entraînement aux instructeurs.

Voici maintenant quelques années que j’applique, dans mon club ces programmes. J’ai pu constater que, pour les anciens pratiquants, une période d’adaptation était nécessaire car ces programmes sont plus complexes que ceux qu’ils connaissaient.  Par contre, pour ceux qui les pratiquent dès le début de leur formation, la progression est naturelle et sans difficulté.

Pour terminer, je tiens à dire combien je suis flatté de l’honneur que m’a fait mon ami Dirk Heene en proposant ces programmes aux clubs de l’académie. Ma plus grande satisfaction serait que ces programmes vous procurent une nouvelle source de motivation et de plaisir à pratiquer notre passion commune : le Karaté-do.

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