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Le développement du Te d’Okinawa

Il existe un archipel qui relie les îles au sud du Japon à l'île de Taiwan, au large de la Chine continentale, appelé les Ryukyu. La plus grande île de l'archipel, Okinawa, est également la capitale.

Le "te" d'Okinawa est l'art martial qui consiste à utiliser avec une efficacité remarquable toutes les armes naturelles du corps humain. Il s'agit de la synthèse entre l'art du te indigène et les arts chinois de la boxe du temple de Shaolin.

Deux facteurs historiques participèrent au développement du karaté à Okinawa:
  • en 1429, après des luttes intestines, les trois royaumes d'Okinawa sont réunis par le roi Sho En, préparant les fondements des échanges commerciaux qui transformeront l’île en un centre important dont les ramifications vont s'étendre non seulement au Japon et en Chine mais encore à l'Indochine, la Thaïlande, l'Indonésie et les Philippines, marquant le début d’un âge d'or ;

  • vers 1477, le roi Sho Shin (fils de Sho En) interdit le port du sabre aux nobles comme aux paysans, avec une assignation à résidence au château de Shuri pour les nobles (cette politique de désarmement fut imitée plus tard au Japon avec les édits du sabre de Toyotomi en 1586, puis en 1634 lorsque le shogun Tokugawa ordonna aux daimyos de se rassembler dans sa capitale).

Le_Roi_Sho_En 1415-1476

Le Roi Sho En, 1415-1476.

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Les Trois royaumes Ryu Kyu

Roi-Sho-Shin (1465-1526), 尚真王

Le Roi Sho Shin , 1465-1526

L'âge d'or d'Okinawa prit fin en 1609: lorsqu’Okinawa refusa de reconnaître l'hégémonie du nouveau Shogun, le Japon envahit l'île et écrasa son armée et, fait important, il maintint l'interdiction des armes alors que les Japonais avaient le droit de les porter.

On pense que le te (main en japonais) est vieux d'au moins 1000 ans. A cette époque, le pays était troublé et la nécessité d'apprendre à se défendre provoqua l'apparition d'un art martial indigène.

Plus tard, au XVe et XVIe siècle, lorsque les marchands d'Okinawa commencèrent à voyager, ils rassemblèrent un grand nombre de techniques de combat provenant de l'Asie du sud et les adaptèrent aux principes du combat d'Okinawa, dont le premier principe est l'emploi de la main (te en japonais), et plus particulièrement du poing fermé.

Deux mouvements se dessinèrent à Okinawa dans l'évolution des arts. Les nobles, désarmés et rassemblés au château de Shuri, développèrent l'art du combat à main nue, le te. D'autres part, les paysans et les pêcheurs utilisèrent comme armes les instruments de leur métier: fléaux, poignée de meule, faux, .... créant les Ryukyu bujutsu (arts de combat armé des Ryukyu).

La première démonstration d'arts martiaux chinois à Okinawa remonte à 1761. Plusieurs maîtres de Te de l'époque se rendirent en Chine, dans la province du Fu-Kien pour y étudier.

Inversement, un grand maître chinois, Kusanku, passa six ans à Okinawa. Au XIXe siècle, l'art d'Okinawa fut connu sous le nom de Tang-te, la main chinoise (provenant de la dynastie Tang). L'art était pratiqué en secret et surtout la nuit ou à l’aube.

Les écoles de Te d’Okinawa

Trois styles distincts apparurent, l'un dans la capitale, les deux autres dans les agglomérations voisines.

Le Shuri-te était pratiqué par les samourais de la cour à Shuri, alors que dans le port voisin de Naha et dans la petite ville de Tomari, le peuple développa ses propres formes de te.

Le Shuri-te serait issu de la boxe du temple de Shaolin alors que le Naha-te a plutôt adapté les techniques souples taoïstes faisant intervenir la respiration et le contrôle du ki, la force vitale, appelée chi en chinois.

Le Tomari-te s'inspira des deux traditions.

Les trois villes étant très proches, les différences dans les styles étaient plus des différences de degré car les méthodes et les objectifs de tous les styles de karaté d'Okinawa sont en fait les mêmes.

En 1935, un comité représentant toutes les tendances des maîtres du te d'Okinawa décida d'un nom unique pour désigner leur art: KARATE, la main vide ou l'art de défense sans arme.

Lignée-ShuriTeOkinawaiienne--Ashi-barai

Lignée Shuri-Te-okinawaiienne

Lignée-ShuriTeJaponaise-Ashi-barai

Lignée Shuri-Te-Japonaise

Anko ITOSU, grand maître du Shuri te et du Shorin Ryu

L'un des grands maîtres du Shuri-te était Anko ITOSU. Né en 1831, ITOSU était un samouraï de rang inférieur. Enfant, il était de petite stature, introvertie et timide. Il fut éduqué avec les classiques chinois et la calligraphie.<br
Il débuta l'étude de l'art martial avec un pechin (samourai) dénommé Nagahama et poursuivit avec le célèbre Sokon Bushi MATSUMURA.

Ce dernier, d'une stature haute et fine avec une paire d'yeux troublants, était décrit par ses élèves, dont Anko ITOSU, comme étant d’une rapidité aveuglante et d’une force exceptionnelle.

ITOSU a été le secrétaire du dernier roi des îles Ryukyu jusqu'à l'abolition par les Japonais en 1879 de la dernière monarchie native d'Okinawa.

En 1901, il fut actif dans l'introduction du karaté dans les écoles et en 1905, il enseigna à temps partiel le Tode (to signifiant la Chine) dans la haute école préfectorale d'Okinawa pour enfants. C'est là qu'il développa une méthode systématique pour enseigner les techniques du karaté aux enfants.

Traditionnellement, la transmission du savoir se faisait principalement par l'étude des kata, ou formes, et on considérait qu'il fallait 3 ans d'entraînement avant d'avoir assimilé un kata et pouvoir commencer l'étude du suivant.

Il créa et introduisit comme étape d'apprentissage des kata plus courts, les Pinan (Heian en japonais) car il pressentait que les anciennes formes étaient trop compliquées pour enseigner à des enfants.
Les Pinan dérivèrent de deux anciennes formes, Kusanku et Chiang Nan, du nom de deux maîtres chinois qui visitèrent Okinawa.Il est aussi crédité pour avoir scindé le long kata Naihanchi (Tekki) dans les trois formes modernes que l’on connaît bien de nos jours.

Il introduisit également le travail des mouvements de base, les kihon, simplifiant l’apprentissage des mouvements par des techniques basiques et simples.

En 1908, ITOSU rédigea le Tode Jukun, les dix principes du karaté, qui sont des préceptes devant continuellement guider le pratiquant de karaté durant toute sa formation.

10_Precepte_Karate
Bien qu'il ne fut pas le créateur du karaté, ITOSU apporta sa pierre au grand édifice du karaté par l’apport de modifications importantes, à tel point qu’il fut considéré comme le père du karaté moderne.
Il enseigna à de nombreux élèves qui devinrent plus tard de grands maîtres qui influencèrent l’évolution de l’art, dont Kenwa MABUNI, créateur du Shito ryu et Gichin FUNAKOSHI, créateur du style Shotokan.

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