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Des indices montrent que l’histoire des arts martiaux, ou des techniques martiales, remontent jusqu’à l’antiquité et la préhistoire. Sans doute sont-ils apparus avec la nécessité qu’éprouvait l’homme de se défendre, de chasser ou de faire la guerre.

Au fil du temps, de simples techniques guerrières, ils se sont transformés en systèmes méthodiques de combat.

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L’épopée de Gilgamesh transcrite au XVIIIe siècle avant J.C. montre que la plupart des armes de guerre existaient déjà à cette époque.

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T
ous les peuples à toute époque semblent avoir eu des techniques de combat propres à eux.
Cependant, il est remarquable que ces techniques aient connu une évolution considérable surtout en Extrême-Orient, dans les pays d’Asie et notamment dans le sud-est continental.
L’étude des origines des arts martiaux ne peut être qu’une spéculation qui est fonction des rares documents qui sont parvenus jusqu’à notre époque.

La lacune dans la documentation est compliquée par le fait que les activités de nombreuses écoles étaient tenues secrètes et l'existence même de ces écoles était souvent cachée aux autorités. Cette tradition de secret rend exceptionnellement difficile l'étude des origines des arts martiaux.
Dans la longue histoire des arts martiaux, celle du karaté est plus récente et remonte seulement à mille ans environ.

Parmi la diversité importante des écoles de karaté, ce sont les éléments qui ont conduit à la création du style Shotokan en particulier qui seront abordés et étudiés et comment cette école s’est propagée loin de son berceau en Asie.
Classiquement, le schéma habituel pour décrire l’origine des arts martiaux est le suivant : un moine du nom de Bodhidharma voyage de l’Inde vers la Chine, où il s’établit dans un temple de moines à qui il enseigne une série d’exercices physiques qui donnent naissance à la boxe du temple de Shaolin.

Ces techniques martiales arrivent ensuite dans une île du nom d’Okinawa, à mi-chemin entre la Chine et le Japon, où mêlées à un art indigène, elles donnent naissance au karaté.

Ce nouvel art est à son tour emmené au Japon où il subit une nouvelle transformation, donnant naissance au karaté moderne, ou karaté-do.

Il s’agit ici de la version courte. Cependant, l’histoire des arts martiaux (et celle du karaté) n’est pas aussi simpliste et il convient de nuancer ces propos.

La légende de Bodhidharma

Traditionnellement, on rattache l'origine des arts martiaux à la visite d’un moine indien du nom de Bodhidharma (Daruma en japonais), originaire de Kanchipuram, près de Madras. Celui-ci effectua au VIe siècle après JC un voyage au temple Shaolin, au pied des monts Song-Chan du royaume de Wei, en Chine. Ce moine enseignait une nouvelle forme de bouddhisme dans laquelle le disciple cherchait à atteindre l'illumination par la méditation perpétuelle. On dit que Bodhidharma serait resté lui-même 9 ans assis à contempler le fond d'une grotte, "écoutant les fourmis hurler" avant de former d'autres moines à son école.

Pour les aider à supporter ces longues heures de méditation, Bodhidharma leur enseigna des techniques respiratoires et des exercices leur permettant de s'endurcir et de mieux se défendre dans les montagnes reculées où ils vivaient.

De ces enseignements serait né le dhyana, l'école du bouddhisme méditatif, que les chinois appelle chan et les japonais zen. Ce sont ces techniques également qui auraient donné naissance à l'art martial connu sous le nom de Shaolin Chuan-Fa (kanji), ou boxe du temple de Shaolin, tout comme de nombreux autres arts martiaux seraient issus de la même tradition.

Bodhidharma

est souvent représenté dans l'art bouddhiste comme un personnage patibulaire, un barbare à la barbe abondante et aux yeux bleus.

Il n’existe quasiment aucune information biographique sur l'existence historique de Bodhidharma, si ce n'est un témoignage oculaire en 547 d'un certain Yan Hsuan-Chih, habitant de Lo-yang, dans l'actuel Honan qui le décrit comme un "Hon venant du Posseur" (Perse). Cependant, il faut garder à l'esprit que les textes chinois, recopiés de nombreuses fois, n'étaient pas exempts d'erreurs et d'autres erreurs pouvaient se produire en cas de traduction vers une langue occidentale.

Ainsi, selon une tradition indienne, Bodhidharma serait le troisième fils d'un roi tamoul du royaume de Pallava à Kanchipuram tandis que la tradition japonaise le considère comme provenant de Perse.

De plus, il existe aussi des divergences quant à la date d'arrivée de Bodhidharma en Chine, certains l'estimant entre 420-479, d'autres entre 502-557ou d'autres encore entre 386-534.

Les arts martiaux en Inde et en Chine

De même, les textes épiques indiens rapportaient déjà dans l'antiquité les premières références au combat armé et à main nue. Les nombreuses divinités du panthéon hindou étaient considérées comme les créateurs des arts martiaux. Le Mahabharata relatait un combat décrivant deux guerriers se battant avec les poings, les pieds, des coups portés avec la pointe des doigts, les genoux et la tête. Les textes sanscrits et ceux des Veda mentionnaient des luttes entre deux personnes et non des armées, appelées "dwandwayuddha".

Au IIIe siècle, des éléments de yoga et de danse ont été incorporés dans les arts de combat et des philosophes développèrent des concepts tels que kundalini, chakra et mantra.

Au IVe siècle, le Sushruta Samhita répertoria 107 points vitaux sur le corps humains dont 64 mortels. Cet œuvre fut à la base de la discipline médicale appelée "ayurveda", qui est enseignée en même temps que les arts martiaux.

Il existe des rapports étroits entre les arts martiaux chinois et indiens. Ceci n'a rien d'étonnant si on tient pour vrai la légende de Bodhidharma. Cependant, un courant de pensée affirme que les arts martiaux existaient en Chine avant l'arrivée de Bodhidharma au VIe siècle.

Selon une légende, les arts martiaux chinois ou Wushu (kanji) (Bu Jutsu en japonais) sont apparus, il y a environ cinq mille ans, à l'Age de l'Empereur Jaune, Huangdi, qui était un célèbre général avant de devenir empereur de Chine, et qui aurait présenté les premiers systèmes de lutte chinois.

Divers écrits anciens (annales de printemps et d'automne, le Classique des rites, la bibliographie de l'histoire des Han) mentionnent des théories de combat à mains nues ou de luttes incluant des techniques telles que des frappes, projections, manipulations de joints ou de pression de points vitaux.
Les concepts du Wushu moderne s'étaient déjà entièrement développés sous les dynasties Ming et Qing.

Le Kalaripayat

A partir du XIe siècle se développa le Kalaripayat face à l'invasion des armées musulmanes des Mughals ou Moghols, des Perses originaires de Mongolie, dans la région de l'actuel Pakistan et le nord de l'Inde.
Le kalari est le champ de bataille tandis que payat signifie le village. Il s'agit donc de l'art du combat des villages
Un art martial ne se limite pas qu'à la pratique d'une technique de guerre ou de combat. Il existe aussi un aspect intellectuel et moral. Il représente un système de valeurs résultant d'une vision particulière du monde et de la place que l'homme y occupe. 

Les arts martiaux chinois intégrèrent à leur pratique différentes philosophies et notions, s'élargissant, au-delà de la seule auto-défense, à l'entretien physique pour finalement devenir une méthode d'éducation personnelle. 

Deux grands philosophes chinois, Confucius et Lao Tseu exposèrent leur conception du monde, de l'homme et de la société, le premier vers 500 avant J.C. et le second vers 300 avant J.C avec la doctrine du Tao. Le taoïsme est particulièrement important pour l'histoire des arts martiaux et a eu une grande influence pour la plupart des pays orientaux.
L'ART DE LA GUERRE
Une autre œuvre importante est l’Art de la guerre, écrit au VIe siècle avant J.C. par Sun Tzu, qui traite de la guerre militaire, mais contient des idées reprises dans les arts martiaux chinois.

« La guerre a le mensonge pour fondement et le profit pour ressort. »

Sun Tsu

Sun Tsu

D’autre part, la philosophie bouddhiste, fondée par Gautama Siddartha Bouddha, né dans le nord-est de l'Inde vers 560 avant J.C., a aussi profondément marqué les systèmes martiaux des pays, comme la Chine, le Japon, l'Inde ou ceux de l'Asie du Sud-est. Cependant, le Bouddhisme n’eut pas en Inde le même effet que dans ces pays en raison de la présence de l’Hindouisme qu’il n’a jamais pu supplanter.
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Suivant la longue histoire des échanges culturels et commerciaux entre la Chine et l'Inde, il est très probable que ces deux cultures partagèrent leurs connaissances martiales depuis très longtemps, ben avant l’arrivée de Bodhidharma.

L'Inde et la Chine n'ont vraiment commencé à faire véritablement de commerce entre elles que vers le IIe siècle de notre ère. Les Chinois tissaient la soie bien avant l'ouverture des premières routes caravanières à destination de l'Inde. C'est à cette époque l'empereur Han envoya les premières ambassades vers les pays de l'ouest. Elles furent suivies par des marchands qui transportaient des ballots de soie fine et douce. Les Indiens vendaient la soie aux Perses qui, à leur tour, les confiaient à des marchands en route pour la Syrie.

Un voyage d'Inde en Chine était une entreprise périlleuse et épuisante. Une route traversait l'Afghanistan, puis contournait Taklamakan (désert de Gobi), au nord du Tibet et à l'est de la Chine. Cette route suivait sur presque toute sa longueur le trajet qu'empruntait la soie de Chine jusqu'en Syrie.
Pendant des centaines d'années, deux catégories de voyageurs firent la route de l'Inde et de la Chine: les moines-pèlerins qui faisaient office de diplomates, et les marchands. Ces derniers entreprenaient de longs voyages et recoururent aux services de gardes du corps pour protéger leur personne et leurs biens. Un garde du corps apprend à pratiquer le combat au corps à corps, à la base des arts martiaux. Ce métier convenait donc bien aux spécialistes des arts martiaux.

En accompagnant les caravanes dans les lointains et périlleux voyages, ils s'endurcissaient le corps et s'enrichissaient l'esprit au contact d'autres gardes et combattants venus d'ailleurs et avec les différentes techniques pratiquées dans les pays traversés en cours de route.

D’autre part, les moines indiens qui se rendaient en Chine pour répandre la parole du Bouddha croisaient en chemin des moines chinois en route pour l'Inde afin de ramener les sutras sacrés du Bouddha. Les périls rencontrés sur leur chemin les contraignirent à apprendre et à développer une méthode de défense.

La boxe du temple de Shaolin

Pendant près de 1500 ans, la Chine fut le centre du développement des arts martiaux. Les techniques qui s'y perfectionnèrent avec le temps furent ensuite enseignées par des maîtres chinois dans d'autres pays d'Asie.

Simultanément, les voyageurs qui venaient en Chine pour étudier ou faire du commerce se sont familiarisés avec les arts martiaux chinois, rapportant ces connaissances avec eux dans leur pays d'origine.

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C'est en Chine également que les systèmes philosophiques et religieux, à la base de nombreux arts martiaux, ont vu le jour et se sont développés pour se diffuser dans les autres pays d'Asie, dont le Japon.

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Il y a environ 1300 ans le temple de Shaolin comptaient jusqu'à mille cinq cents moines dont cinq cents moines guerriers. C'est l'empereur Tai-Tsung de la dynastie Tang qui accorda au temple le droit d'entraîner des moines guerriers.

La plus ancienne preuve d'une participation de moines Shaolin à des combats est une stèle datant de 728 qui atteste une défense du monastère contre des bandits vers 610, et le rôle ultérieur dans la défaite de Wang Shichong à la bataille de Hulao en 621.

A plusieurs occasions, les moines volèrent à la rescousse des empereurs mais l'un d'eux, Ching Kang-Hsi, craignant les aptitudes exceptionnelles de ce groupe indépendant qui refusait de se soumettre à son autorité, fit assiéger et raser le temple par le feu. De nombreux moines périrent lors de l’assaut.

Les survivants se dispersèrent, certains vivants aux environs du temple, d'autres partant dans des temples différents.

Plus tard, le temple de Shaolin retrouva à nouveau son ancienne grandeur après le règne de Kang-Hsi par l'érection de nouveaux bâtiments où on peignit des fresques martiales illustrant la vie d'antan.
Le temple de Shaolin eut aussi de profonds effets sur la vie politique chinoise, car les sociétés secrètes d'autrefois, comme le Lotus blanc, le Pa-Kua ou les Boxers, entretenaient des rapports étroits avec lui, comme pour les Triades.

Toutes ces sectes avaient des pratiques similaires. Leurs membres se réunissaient en secret la nuit, chantaient des hymnes, récitaient des prières et pratiquaient les arts martiaux.

LES BOXERS

C'est le nom chinois de ceux que les journaux anglais appelèrent "Boxers" : "I-Ho-K'uan". I = justice. Ho = concorde. K'uan =poings. La société "Justice et concorde" n'était qu'un succédané de l'antique et mystérieuse association révolutionnaire du "Nénuphar blanc" (Pai Lien Kiao) tant de fois condamnée par la dynastie. mandchoue des Ts'ing, et toujours renaissante.
Il existe une division traditionnelle entre deux grandes écoles, l'école des arts durs ou externes et l'école des arts souples ou internes.

Le principe des arts durs est de répondre à la force par la force, en lançant des attaques en ligne droite avec les membres et en bloquant et contre-attaquant en force tandis que celui des arts souples est de ne pas s'opposer au mouvement de l'attaquant mais de l'utiliser contre lui au moyen de mouvements circulaires.

Cette classification peut paraître trompeuse car elle laisse supposer qu'il existe une séparation infranchissable entre les deux.

Mais selon la doctrine du yin et du yang, toute chose renferme aussi son contraire et donc la plupart des arts martiaux combinent les éléments des deux styles.

Les écoles dures de Shaolin se divisent aussi en deux écoles, celles du Nord et celles du Sud, d’après sur le dicton chinois: " la jambe du nord, le poing du sud".

Le Pak Mei

Les styles du Nord, évoquant un ballet, sont caractérisés par des positions généralement très larges et ouvertes avec les bras et les jambes complètement tendus ainsi qu'un répertoire étendu des techniques de coups de pied où les sauts et les bonds sont très fréquents.

Le Tai Chi

Les styles du Sud portent l'attention sur une solide assise et un équilibre parfait du corps, et privilégient une distance de combat fort rapprochée. Les bras sont très souvent utilisés simultanément, un bras bloquant, l'autre portant l'attaque, les techniques de jambes sont portées très bas.
Tous les arts durs de Chine semblent s'être développés à partir d'un centre, le temple de Shaolin dans les monts Song-Chan en Chine. Selon un dicton chinois, "tous les arts martiaux connus sous le ciel sont nés à Shaolin".

Cependant, cette assertion paraît simpliste dans la mesure où la Chine a toujours été composée d'une grande diversité de peuples indigènes avec leurs traditions raciales, linguistiques et culturelles propres, qui durant des siècles, se sont développés pratiquement sans contact entre eux.

Par conséquent, la multiplicité des styles retrouvés en Chine ne peut résulter d'un seul temple, d'autant plus qu’à une certaine époque, d'autres temples portaient le nom de Shaolin dans différentes régions de Chine.
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